Réunis ce mardi, les principaux groupes ultras de l’Olympique de Marseille ont tranché. Pas de déplacement au Havre, pas d’animations face à Rennes au Vélodrome. Une sanction sans cris ni débordements, mais lourde de sens.
Une décision collective, sans violence
La fin de saison est rude, personne à Marseille ne fera semblant du contraire. Plombée par des résultats en chute libre et menacée de manquer toute compétition européenne l’an prochain, l’équipe traverse une période sous très haute tension. Dans ce contexte, les groupes du virage Sud et du virage Nord se sont retrouvés autour d’une même table pour décider de la marche à suivre.
Le verdict surprend par sa retenue. Beaucoup s’attendaient à une fronde sonore ou à des manifestations explosives. Les fidèles ont finalement opté pour deux gestes radicalement silencieux : aucun groupe n’effectuera le déplacement au Havre lors de la 33e journée, et la réception du Stade Rennais au Vélodrome se déroulera dans une ambiance « stade mort », sans bâches ni animations. Les abonnés qui le souhaitent pourront s’y rendre à titre individuel, mais le décor sera celui d’un stade orphelin de son peuple.
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— Santi Aouna (@Santi_J_FM) May 6, 2026
❌ Aucun groupe de supporters de l’OM ne sera présent face au Havre.
📌 Face à Rennes, aucune bâche ni animation ne devraient avoir lieu.
⚠️ Les adhérents souhaitant assister à la rencontre pourront néanmoins venir individuellement.
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Pas un divorce, un rappel des standards marseillais
Il serait trop facile de lire cette décision comme un abandon. À l’OM, le silence des tribunes n’est jamais anodin : c’est l’arme ultime, celle qu’on ne sort qu’à bout de patience. Les ultras ne tournent pas le dos à leurs joueurs, ils leur rappellent où ils mettent les pieds chaque week-end. Porter ce maillot, c’est honorer un contrat moral avec la ville, et ce contrat passe avant le résultat comptable d’un match.
Reste que rien n’est encore figé. La forme exacte de la mobilisation peut évoluer dans les prochains jours, et il reste deux matchs pour que les hommes d’Habib Beye montrent qu’ils ont entendu le message. Une qualification européenne se joue toujours sur quelques détails. Au Vélodrome, un sursaut a souvent suffi à renverser une fin de saison. Et à Marseille, plus qu’ailleurs, c’est dans l’adversité que se révèlent les vraies histoires d’amour entre un peuple et son équipe.