L’essentiel : Mason Greenwood et l’OM, c’est terminé sur le plan humain bien avant de l’être sur le plan contractuel. Plus un mot échangé avec Mehdi Benatia, une altercation avec Habib Beye qui lui a coûté le banc face à Nice, des opérations club zappées depuis l’été dernier, et un attaquant qui semble déjà attendre la fin. À 48h du déplacement au Havre, le sujet à La Commanderie n’est plus de le relancer, mais d’organiser sa sortie.
L’essentiel :
- Greenwood et Mehdi Benatia ne s’adressent plus la parole au quotidien
- Cours de français, opérations marketing, étapes de soins : Greenwood s’est désengagé du quotidien club depuis l’été dernier
- Habib Beye a interrompu une séance cette semaine après un numéro de soliste de l’attaquant
- Eric Di Meco appelle ouvertement à la vente sur RMC
- Conséquence sportive : six matchs sans marquer, du jamais-vu depuis son arrivée à l’été 2024
- L’OM, 7e après la déroute samedi à Nantes (0-3), reçoit Le Havre dimanche 10 mai à 21h
La rupture est totale, le reste suivra
J’ai le sentiment que Mason Greenwood ne reviendra pas. Pas dans cette équipe, pas dans ce projet, pas avec ces dirigeants. À l’intérieur de La Commanderie, plus personne ne fait semblant de croire à une relance. L’attaquant anglais et l’OM en sont au stade où l’on ne réconcilie plus rien : on attend la séparation officielle, on en limite la casse.
Le constat dépasse largement la sphère sportive. C’est une rupture humaine, méthodique, accumulée gestes après gestes depuis l’été 2025. Et c’est elle, plus que la baisse de rendement, qui explique pourquoi rien ne va plus.
Avec Benatia, plus un mot
L’épicentre du divorce, c’est Mehdi Benatia. Le directeur du football et son ailier vedette ne se parlent plus au quotidien. La fracture remonte à l’été dernier : Greenwood boude une opération marketing avec l’équipementier du club, Benatia voit rouge, et le directeur sportif ira jusqu’à demander, au bord du terrain, à des cadres du vestiaire de secouer leur coéquipier. Demande sans effet. La distance s’est figée depuis (source L’Équipe).
À ce stade, l’OM ne gère plus un joueur, il gère un dossier. Ce qui n’est pas du tout la même chose.
Mille petits gestes pour dire qu’il n’est plus là
La rupture s’est construite dans le quotidien. Cours de français imposés par le club ? Zappés, sous prétexte que tout le monde parle anglais dans le vestiaire. Étapes de soins en avant-veille de match (massages, bains froids, cinq au total) ? Sautées, malgré la liste tenue par le staff. Opérations club ? Boudées. Livreurs personnels appelés par l’Anglais au retour de déplacements ? Refoulés à l’entrée par les vigiles, sur consigne interne.
Les amendes sont tombées. Les explications, multipliées. Rien n’a bougé. Greenwood est resté dans son monde, avec quelques amitiés réelles dans le groupe (Darryl Bakola depuis parti, les anglophones), à distance polie du reste. Et il s’est lui-même senti surveillé pour des broutilles, persuadé que le staff cochait chacun de ses écarts sur un calepin.
Quand un joueur et son club en arrivent là, le retour en arrière n’existe plus.
Beye non plus n’a plus la prise
Habib Beye est arrivé après le départ de Roberto De Zerbi avec l’idée de cadrer. L’Italien tenait Greenwood à l’usure, échangeait avec son père Andrew, alternait carotte et bâton, le renvoyait parfois d’une séance avant de le relancer. Beye applique des recettes proches, mais sans le crédit que De Zerbi avait construit.
Cette semaine, l’entraîneur a interrompu une séance après un numéro de soliste de l’attaquant, sourd aux consignes. Greenwood n’a pas été le seul responsable, mais il a cristallisé les crispations. La sanction était déja tombée précédemment : banc face à Nice (1-1), officiellement pour « retrouver un meilleur niveau athlétique », officieusement pour purger l’altercation.
Pour moi, l’histoire Greenwood à l’OM est à l’image de la saison entière : beaucoup d’espoirs au départ, du talent brut, des promesses partout, et une fin qui devrait se terminer en échec. Le club a voulu y croire deux fois, à la signature, puis face aux premiers signes d’alerte. Il paye aujourd’hui une forme de naïveté managériale.
Six matchs sans marquer, le symptôme du désengagement ?
Logiquement, la rupture humaine a fini par contaminer le terrain. Greenwood reste sur six rencontres officielles consécutives sans marquer, son pire passage depuis son arrivée à l’OM. Son dernier but remonte au 7 mars, sur le déplacement à Toulouse (1-0), il y a deux mois pleins. Sur ses onze derniers matchs, il n’a trouvé le filet que trois fois.
Samedi à La Beaujoire, retour dans le onze face à Nantes : six tentatives, zéro but, dix-sept ballons perdus. La défaite humiliante (0-3) a précipité une nouvelle mise au vert décidée par les dirigeants (détails ici). On ne parle plus d’un attaquant en méforme. On parle d’un joueur qui a la tête ailleurs, et dont le corps a fini par suivre.
Il reste sur 15 buts en Ligue 1 cette saison, meilleur buteur du club, encore nommé au trophée UNFP. Sur le papier, le talent est intact. Dans la réalité du vestiaire, il s’est éteint.
Le Havre dimanche, et la sortie à organiser
L’OM se déplace au Stade Océane dimanche 10 mai à 21h pour la 33e journée. Le club doit gagner pour garder une place européenne en vie. Le HAC reste sur dix matchs sans victoire. Sur le papier, l’occasion est jouable. Dans les faits, peu de monde à La Commanderie attend de Greenwood un sursaut décisif.
Eric Di Meco, sur le Super Moscato Show de RMC, a posé les mots que les dirigeants n’osent pas dire publiquement : il faut vendre, vite, parce que le joueur ne s’investira pas dans un projet sans Ligue des champions. La part due à Manchester United sur la prochaine vente sera moins lourde cet été, mais la cote de Greenwood a fondu, et la Premier League lui reste fermée. Le grand chèque rêvé par l’OM ne sera pas au rendez-vous.
Ce qui m’embête le plus, c’est la lecture qu’en font certains à l’OM : Greenwood serait LE problème. C’est faux. Il est UN symptôme. Le vrai problème, c’est un effectif où chaque saison se rejoue la même partition : recrutement coûteux, ego à gérer, projet sportif qui s’étiole vers mars, et un printemps passé à éteindre des incendies.
La rupture Greenwood, c’est la rupture de la saison. Personne ne devrait être surpris.
Je suis Christophe, créateur de la chaîne YouTube CM Football. J’essaye de donner mes clés de lecture de l’actualité de notre club de coeur, l’OM ! L’idée n’est pas d’avoir raison mais de pouvoir débattre en toute bienveillance autour du club que je suis depuis 1990 (J’avais 6 ans !).