OM ACTUStéphane Richard sur RTL : la feuille de route du nouveau président de l’OM

Au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, le nouveau président de l’OM Stéphane Richard a livré ses premières analyses publiques. Officiellement nommé le 10 avril 2026 et prêt à prendre ses fonctions le 2 juillet, il a indiqué que sa mission débutait dès à présent. Récit d’une feuille de route posée, méthodique, et déjà éclairante sur ce que sera la nouvelle ère phocéenne.

L’essentiel :
  • Stéphane Richard préfère parler de « défi » plutôt que de mission impossible, malgré les turbulences du club.
  • Sa méthode tient en deux mots : sérénité et méthode, face à la pression et aux difficultés.
  • Son diagnostic est sans détour : l’instabilité (entraîneurs et effectif) est le mal principal du club.
  • Court terme : le top 3 de Ligue 1 pour décrocher la qualification directe en Ligue des Champions.
  • Long terme : faire partie des « 20 meilleurs clubs européens » et jouer la C1 chaque saison.

« Réécrire une page » : l’angle d’attaque du nouveau président

Plutôt que de céder au catastrophisme face aux multiples turbulences traversées par le club ces derniers mois, Stéphane Richard a choisi un cadrage volontariste. Pour lui, la situation est avant tout un défi, et non une mission impossible. Il l’a formulé clairement à Marc-Olivier Fogiel : sa volonté est de « réécrire une page » de l’histoire marseillaise, en s’appuyant sur l’instabilité actuelle pour repartir d’une base claire.

Cette posture en dit déjà long sur sa lecture de l’OM. Ni candidat de la rupture, ni prisonnier de l’héritage, Stéphane Richard se place dans une logique de continuité maîtrisée. Le club n’est pas à reconstruire, mais à stabiliser et à réorienter sur un horizon de trois à cinq ans, ce qui correspond exactement au profil de gestionnaire institutionnel pour lequel Frank McCourt l’a choisi.

Sérénité et méthode : la philosophie d’un gestionnaire

Sur la manière dont il compte aborder son mandat, le nouveau président a été tout aussi limpide. Son état d’esprit est celui de la sérénité, et il l’a martelé : plus la pression est forte, plus les difficultés s’accumulent, plus il faut savoir prendre les choses de façon calme, réfléchie, méthodique. Une philosophie qui tranche avec l’agitation médiatique permanente qui entoure l’OM.

Cette approche n’a rien d’improvisé. Elle est cohérente avec son parcours de haut dirigeant à la tête d’Orange (2011-2022), où il a piloté un groupe coté en Bourse confronté à une crise sociale d’une intensité rare et à des transformations sectorielles majeures. Pour le Vélodrome, l’enjeu est simple : ramener du calme dans la maison, retenir les coups durs, protéger la décision sportive du bruit ambiant.

L’instabilité : le mal principal qu’il diagnostique

Le diagnostic de Stéphane Richard est aussi net que partagé par les supporters. Selon lui, il y a eu « trop d’instabilité dans ce club » ces dernières années, à la fois sur le banc et dans l’effectif. Le constat est documenté : un tiers à la moitié des joueurs change chaque été, et le poste d’entraîneur a changé plusieurs fois depuis le départ de Jorge Sampaoli en 2022.

Pour lui, cette rotation permanente rend tout simplement impossible la construction d’un projet de jeu cohérent. C’est un point qui tranche avec la doctrine sportive de la présidence précédente, où l’hyperactivité au mercato avait été présentée comme un moteur de performance. Le nouveau président, lui, plaide ouvertement pour la stabilité, ce qui reste un chantier ambitieux à Marseille.

Court terme : le top 3 de Ligue 1, qualification directe en Ligue des Champions

Sur les objectifs sportifs immédiats, Stéphane Richard est resté précis. La priorité de la fin de saison 2025-2026 est la qualification directe en Ligue des Champions, ce qui implique de finir dans le top 3 de Ligue 1. À ce jour, l’OM occupe la 4ème place avec 52 points, à une longueur de Lille (3ème), avec Lyon, Rennes et Monaco juste derrière dans le rétroviseur.

L’enjeu financier est considérable. La participation directe à la phase de ligue de la C1 garantit un revenu UEFA garanti compris entre 30 et 50 millions d’euros, sans compter les recettes de billetterie et de droits TV associés. Pour un club qui cherche à stabiliser son modèle économique, c’est un palier non négociable. La 4ème place ne donne accès qu’aux barrages, avec un risque sportif et financier majeur en cas d’élimination.

Long terme : faire partie des « 20 meilleurs clubs européens »

Au-delà de l’urgence sportive, Stéphane Richard a aussi posé une ambition de fond. Pour lui, Marseille a vocation à compter parmi les « 20 meilleurs clubs européens », et donc à jouer la Ligue des Champions chaque année. C’est un cap qui aligne le club sur la pratique des grandes places fortes du football continental (Atlético, Naples, Borussia Dortmund, Tottenham), et qui suppose une stabilité économique et sportive sur plusieurs cycles.

Le contraste avec le passé récent est frappant. Sur les quinze dernières saisons (depuis le titre de Ligue 1 en 2010), l’OM n’a participé que rarement à la phase finale de la C1, et n’a jamais retrouvé les sommets européens entrevus en 1993. La promesse implicite de Stéphane Richard est donc bien de réinstaller durablement le club dans la cour des grands, là où le projet McCourt avait jusqu’ici peiné à concrétiser sa promesse initiale (l’OM Champions Project lancé en 2016).

Convaincre le Vélodrome : le vrai défi

Reste la question la plus délicate, celle qui ne se règle pas en conseil d’administration : convaincre le Vélodrome. Les supporters marseillais ont entendu, depuis 2016, plusieurs présidents et plusieurs projets ambitieux (Jacques-Henri Eyraud, Pablo Longoria), avec à chaque fois la même promesse de stabilité, d’ambition européenne et de cohérence sportive. Le bilan, lui, reste mitigé : un seul titre national en quinze ans (la Coupe de la Ligue 2012, déjà loin), une finale d’Europa League en 2018 et de longues années sans Ligue des Champions.

Le discours de Stéphane Richard est posé, réaliste et structuré. Mais c’est précisément cette tonalité qui interroge dans une ville où l’attente est passionnelle, où le rapport au club ne tolère pas la tiédeur. La sérénité d’un PDG d’Orange convaincra-t-elle un peuple supporter qui attend, depuis des années, un récit d’ambition assumée et de retour au sommet ? La réponse appartiendra moins à Stéphane Richard qu’aux résultats sportifs des prochains mois.

FAQ – Questions fréquentes sur la feuille de route de Stéphane Richard

Quelles sont les priorités immédiates de Stéphane Richard ?

Sa priorité immédiate est la qualification directe en Ligue des Champions, ce qui passe par une fin de saison 2025-2026 dans le top 3 de Ligue 1. À court terme, il veut aussi installer de la stabilité au sein du staff sportif et de l’effectif.

Quelle est l’ambition long terme du club selon lui ?

Que l’OM appartienne durablement aux vingt meilleurs clubs européens et joue la Ligue des Champions chaque saison, ce qui implique une stabilité économique et sportive sur plusieurs cycles.

Quel est sa lecture de la situation actuelle ?

Il considère que l’instabilité a été le mal principal du club ces dernières années, à la fois sur le banc et dans l’effectif. Pour lui, faire bien jouer une équipe est impossible quand un tiers ou la moitié de l’effectif change chaque été.

Quelle est sa méthode de management annoncée ?

La sérénité et la méthode. Il a expliqué sur RTL que plus la pression était forte, plus il fallait prendre les décisions de façon calme, réfléchie et structurée, en cohérence avec son parcours d’ex-PDG d’Orange.

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