Les groupes de supporters de l’OM sont l’âme du Vélodrome depuis plus d’un siècle. Mais c’est dans les années 1980, sous la présidence de Bernard Tapie et dans le sillage de la vague ultra venue d’Italie, que le supportérisme organisé marseillais prend véritablement forme. Naissance des groupes, histoire des couleurs, occupation des tribunes : voici tout ce qu’il faut savoir.
Les groupes ultras de l’OM : une histoire née dans les années 1980
Le mouvement ultra débarque en France par le Sud. Marseille, ville méditerranéenne ouverte sur l’Europe, adopte naturellement les codes du supportérisme organisé à l’italienne : chorégraphies, tifos, chants répétés, déplacements massifs. Le terreau est fertile. Sous l’impulsion de Tapie, qui redonne au club ses lettres de noblesse sportives, les groupes se structurent et le Vélodrome devient une forteresse.
Le Commando Ultra 84 : le doyen des ultras français
Le Commando Ultra 84 voit le jour le 31 août 1984, lors d’un match opposant l’OM au Matra Racing. Il s’agit du groupe ultra le plus ancien de France, une distinction qui dit tout de la place de Marseille dans l’histoire du supportérisme hexagonal. Le CU84 occupe la partie basse du Virage Sud au Vélodrome, ancré dans ce secteur depuis ses premières années d’existence.
Les South Winners : orange par conviction
Les South Winners naissent le 27 novembre 1987, lors d’un match contre Bordeaux. Leur nom trouve son origine dans la première bâche du groupe : « Win for us ». Leur couleur signature, l’orange, n’est pas le fruit d’un choix esthétique anodin. Les membres du groupe ont retourné leurs bombers noirs pour afficher l’orange intérieur, en signe de protestation contre les skinheads du Kop of Boulogne. Un geste fort, ancré dans une époque où le supportérisme était aussi un combat politique et identitaire. Les South Winners occupent la partie haute du Virage Sud.
Les Fanatics : « Marseillais Avant Tout »
Les Fanatics font leur apparition le 6 avril 1988, en demi-finale de Coupe d’Europe contre l’Ajax. Initialement présents dans le Virage Sud aux côtés des Winners et des Ultras, ils s’installent aujourd’hui dans la partie haute du Virage Nord. Leur devise est sans équivoque : « Marseillais Avant Tout ». Une identité locale revendiquée, emblématique de ce que le supportérisme marseillais a de plus profond.
Les Dodgers : un nom aux racines historiques
Les Dodgers voient le jour le 26 mai 1992, un an avant la victoire de l’OM en Ligue des Champions. Leur nom est un hommage au lieutenant Dodge, qui avait quitté l’armée des Yankees, une référence qui fait écho à l’univers des groupes ultras de l’époque. Les Dodgers sont installés à côté des Fanatics, en haut du Virage Nord.
Les MTP : Marseille Trop Puissant
Les MTP (Marseille Trop Puissant) sont fondés en 1994 par Patrice de Peretti, dit Depé, ancien membre des South Winners qui crée son propre groupe. L’héritage de Depé est si fort que le Virage Nord porte aujourd’hui son nom : le Virage Depé. Les MTP incarnent une génération de supporters qui a grandi avec les heures de gloire du club et n’a jamais cessé d’y croire.
Le Club des Amis de l’OM : fidélité sans frontières de tribune
Fondé en 1987, le Club des Amis de l’OM est présent dans toutes les tribunes du Vélodrome. En 2018, la direction du club les regroupe dans le bas du Virage Nord, à l’emplacement qu’occupaient auparavant les Yankees Nord. Une association qui incarne la fidélité au quotidien, au-delà des appartenances aux groupes ultras.
Le Handi Fan Club : le foot pour tous
Créé en 2005, le Handi Fan Club regroupe les supporters handicapés de l’Olympique de Marseille. Une structure essentielle qui affirme que la passion de l’OM n’a pas de frontières, et que le Vélodrome doit être accessible à tous ceux qui veulent y vivre leur amour du club.
Les groupes de supporters de l’OM : une mosaïque unique dans le football français
Ce qui frappe dans le supportérisme de l’OM, c’est sa diversité et sa profondeur historique. Des pionniers du CU84 en 1984 aux fondateurs des MTP dix ans plus tard, chaque groupe porte une histoire, des codes, une identité propre. Ensemble, ils forment la mosaïque humaine et sonore qui fait du Vélodrome l’un des stades les plus impressionnants d’Europe.
Transmettre cette histoire aux nouvelles générations, c’est transmettre bien plus qu’un club : c’est transmettre une culture, une appartenance, une façon d’être Marseillais.
Quel groupe de supporters de l’OM incarne selon vous le mieux l’esprit et l’identité phocéenne ?