Les groupes de supporters de l’Olympique de Marseille ont tranché. Réunis mardi soir, ils ont décidé de zapper le déplacement au Havre dimanche, lors de la 33e journée de Ligue 1, et préparent une action forte pour la réception de Rennes le 17 mai au Vélodrome. Une fronde inédite en cette fin de saison 2025-26.
Un quota de 1 200 places snobé pour le périple havrais
La décision a été collective et tranchante. Les associations olympiennes, dépitées par les résultats sportifs, dépassées par les querelles intestines et surtout dégoûtées par un tel gâchis, ont décidé de taper du poing sur la table. Première mesure : boycotter le déplacement au stade Océane dimanche, pourtant doté d’un quota de près de 1 200 places. Le club doyen du championnat de France avait obtenu cette enveloppe pour les fidèles de l’OM, mais le parcage visiteur restera vide. Les supporters marseillais s’éviteront un ultime périple à presque 1 000 kilomètres de la cité phocéenne, comme le rapporte La Provence sous la plume de Jean-Claude Leblois.
Vélodrome silencieux face à Rennes le 17 mai
La seconde décision frappe encore plus fort, et confirme la tendance déjà évoquée par les ultras marseillais ces derniers jours. Pour la clôture du championnat à domicile face à Rennes, les ambianceurs des virages ont prévu le silence. Aucune bâche, aucune banderole, aucune scénographie à l’entrée des joueurs. Aucun chant ne sera attendu et surtout, plus aucun encouragement pour le défenseur Facundo Medina et ses coéquipiers, dans une fin de saison ratée par l’OM.
L’amour se transforme en lassitude
Au sein du groupe MTP, le ras-le-bol s’exprime à découvert. Un fidèle abonné de l’OM depuis 1994 témoigne d’un attachement abîmé. « J’y suis allé contre Nice, mais pour moi, c’est fini. C’est catastrophique. Il n’y a plus de dirigeants, Habib Beye fait n’importe quoi, l’attitude des joueurs est détestable », lâche-t-il auprès du quotidien régional. Le supporter évoque une relation devenue sentimentale, presque douloureuse : son amour inconditionnel se transforme en lassitude. Un sentiment partagé par d’autres abonnés du Vélodrome, dont un père de famille qui confie sa peur de l’avenir et son sentiment d’avoir été berné depuis le début de saison. Ce qu’on ressent pour la plupart …
Une colère qui couve, mais l’option radicale écartée
Certains, parmi les plus durs, plaidaient pour une démarche plus spectaculaire encore. Vider le stade Vélodrome contre Rennes aurait, selon eux, eu un impact médiatique supérieur. Mais les leaders de groupe ont préféré la mesure. La crainte de débordements, et surtout des conséquences disciplinaires qui en découleraient pour le club et les associations, a pesé lourd dans la balance. Sur les conseils des anciens, le mode d’action retenu reste donc symbolique mais lisible : faire savoir, sans tout casser. Une fin de saison amère pour l’Olympique de Marseille, qui aborde ces deux dernières journées sans la force traditionnelle de son public.