Le 26 mai 1993, à Munich, l’OM est entré dans l’histoire du football français. En battant l’AC Milan 1-0, les hommes de Raymond Goethals sont devenus le premier club français à remporter la Ligue des champions. Voici le récit complet de ce parcours légendaire.
L’essentiel
- En remportant la LDC 1993, l’OM est devenu le premier club français sacré champion d’Europe
- L’OM avait perdu la finale deux ans plus tôt, aux tirs au but à Bari face à l’Étoile Rouge de Belgrade
- La compétition 1992-93 est la première édition sous l’appellation « Ligue des champions », avec son hymne et son logo Starball
- Seul but de la finale : Basile Boli à la 44e minute, sur corner d’Abédi Pelé
- Didier Deschamps, capitaine, mène une équipe composée de joueurs de classe mondiale
- Le titre ne sera jamais remis en cause par l’UEFA, malgré l’affaire VA-OM
1991, la douleur de Bari : le contexte d’une revanche à construire
Pour comprendre ce que représente Munich en 1993, il faut revenir deux ans en arrière. Le 29 mai 1991, l’OM de Bernard Tapie dispute sa première finale de Coupe des clubs champions européens, à Bari, en Italie. En face : l’Étoile Rouge de Belgrade. Le match se termine 0-0 après prolongation. Aux tirs au but, Marseille s’incline. La déception est immense.
Deux saisons plus tard, l’OM se retrouve une nouvelle fois en finale de la compétition, rebaptisée pour l’occasion Ligue des champions. Cette fois, les Olympiens sont déterminés à ne pas laisser passer leur chance.
Un effectif de classe mondiale
Pour la saison 1992-93, l’OM aligne un effectif de premier plan. Deux entraîneurs se succèdent : Jean Fernandez (juillet à novembre 1992) puis Raymond Goethals, le « sorcier belge », qui prend les rênes en novembre 1992 et mènera le club jusqu’au titre.
Dans les cages, un jeune gardien de 21 ans : Fabien Barthez. La défense s’appuie sur Basile Boli, Marcel Desailly, Jocelyn Angloma et Éric Di Méco. Le milieu de terrain est organisé autour du capitaine Didier Deschamps, épaulé par Franck Sauzée et le Ghanéen Abédi Pelé. En attaque, le duo Rudi Völler et Alen Boksic est redoutable (respectivement 18 et 23 buts toutes compétitions confondues pour la saison).
Parmi les départs notables de l’été 1992 : Jean-Pierre Papin rejoint l’AC Milan pour 12 millions d’euros. Il retrouvera l’OM quelques mois plus tard, mais dans le camp adverse, en finale.
Le parcours, tour par tour
16es de finale : Glentoran (Irlande du Nord)
L’OM entre en lice dès les seizièmes de finale. L’adversaire, le club nord-irlandais de Glentoran, ne fait pas le poids.
| Match | Score |
|---|---|
| Glentoran / OM (aller, 16 sept. 1992) | 0-5 pour l’OM |
| OM / Glentoran (retour, 30 sept. 1992) | 3-0 pour l’OM |
Total : 8-0. L’OM passe sans trembler.
8es de finale : Dinamo Bucarest (Roumanie)
Le club roumain offre plus de résistance lors du match aller, mais l’OM s’impose sur l’ensemble de la double confrontation.
| Match | Score |
|---|---|
| Dinamo Bucarest / OM (aller, 21 oct. 1992) | 0-0 |
| OM / Dinamo Bucarest (retour, 4 nov. 1992) | 2-0 pour l’OM |
L’OM est qualifié pour la phase de groupes, qui remplace pour la première fois les quarts et demi-finales dans cette nouvelle formule.
Phase de groupes : le groupe A
L’OM est versé dans le groupe A, en compagnie des Glasgow Rangers (Écosse), du FC Bruges (Belgique) et du CSKA Moscou (Russie). Six matchs, une domination nette.
| Journée | Match | Score |
|---|---|---|
| J1 (25 nov. 1992) | Glasgow Rangers / OM | 2-2 |
| J2 (9 déc. 1992) | OM / FC Bruges | 3-0 |
| J3 (3 mars 1993) | CSKA Moscou / OM | 1-1 |
| J4 (17 mars 1993) | OM / CSKA Moscou | 6-0 |
| J5 (7 avr. 1993) | OM / Glasgow Rangers | 1-1 |
| J6 (21 avr. 1993) | FC Bruges / OM | 0-1 |
L’OM termine 1er avec 9 points, devant Glasgow Rangers, FC Bruges et le CSKA Moscou. Les Phocéens sont qualifiés pour la finale.
La finale du 26 mai 1993 à Munich
L’adversaire : un AC Milan favori
La finale se joue au Stade olympique de Munich, le 26 mai 1993, devant 64 400 spectateurs. L’arbitre de la rencontre est le Suisse Kurt Röthlisberger.
En face de l’OM, l’AC Milan de Fabio Capello. Le club lombard en est à sa 6e finale de la compétition (vainqueur en 1963, 1969, 1989 et 1990). Les Rossoneri sont les grands favoris, portés par une attaque de feu : Daniele Massaro et Marco van Basten (triple Ballon d’Or 1988, 1989 et 1992) en pointe, soutenus au milieu par Frank Rijkaard, Demetrio Albertini, Roberto Donadoni et Gianluigi Lentini.
La rencontre est aussi marquée par un duel personnel particulier : Jean-Pierre Papin, parti de l’OM un an plus tôt pour rejoindre Milan, est sur le banc adverse.
Le plan de Goethals
Face à cette machine milanaise, Raymond Goethals opte pour un bloc défensif discipliné. Didier Deschamps, capitaine, pilote le milieu avec Franck Sauzée. Le trident offensif Boksic-Völler-Pelé est chargé de trouver les failles.
Le seul but : Basile Boli (44e)
À la 44e minute, sur un corner d’Abédi Pelé, Basile Boli prend le dessus de la tête sur Franco Baresi et Frank Rijkaard pour ouvrir le score. L’OM mène 1-0 à la mi-temps.
En seconde période, l’AC Milan pousse. À la 55e minute, Jean-Pierre Papin entre en jeu en remplacement de Donadoni. Malgré une motivation débordante, il ne parvient pas à marquer contre son ancien club. Fabien Barthez réalise les arrêts décisifs. La muraille marseillaise ne cède pas.
Au coup de sifflet final, l’OM s’impose 1-0 et devient champion d’Europe.
Composition officielle de la finale
Olympique de Marseille : Barthez – Eydelie, Angloma (Durand, 61e), Boli, Desailly, Di Méco – Deschamps (cap.), Sauzée – Pelé, Völler (Thomas, 78e), Boksic. Entraîneur : Raymond Goethals.
AC Milan : Rossi – Tassotti, Costacurta, Baresi (cap.), Maldini – Donadoni (Papin, 55e), Rijkaard, Albertini, Lentini – Massaro, van Basten (Eranio, 86e). Entraîneur : Fabio Capello.
Un titre historique, une joie ternie
« À jamais les premiers »
L’OM est le premier club français à avoir remporté la Ligue des champions. Cet adage, inscrit pour l’éternité dans le cœur des supporters marseillais : « à jamais les premiers ».
L’affaire VA-OM et ses conséquences
Six jours avant la finale de Munich, l’OM disputait un match de Division 1 contre Valenciennes. Une affaire de corruption éclate peu après : des joueurs valenciennois auraient reçu de l’argent pour « lever le pied », afin de ménager les joueurs marseillais avant la finale.
Les conséquences sont lourdes : la FFF retire à l’OM son titre de champion de France 1993, et l’UEFA prive le club de la possibilité de défendre son titre lors de la Ligue des champions 1993-94, ainsi que de participer à la Coupe intercontinentale 1993 et à la Supercoupe de l’UEFA 1993.
Mais un point essentiel, souvent oublié : les enquêtes de l’UEFA et de la FFF n’ont établi aucune preuve formelle de matchs truqués lors de cette Ligue des champions 1992-93. L’UEFA a classé l’affaire. Le titre européen de l’OM reste pleinement valide.
Chiffres clés
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Édition | 38e (1re sous le nom « Ligue des champions ») |
| Adversaires éliminés | Glentoran, Dinamo Bucarest, Rangers, Bruges, CSKA, AC Milan |
| Buts en phase de groupes | 14 en 6 matchs |
| Buteur en finale | Basile Boli (44e, sur corner d’Abédi Pelé) |
| Score de la finale | OM 1-0 AC Milan |
| Stade | Olympique de Munich |
| Spectateurs | 64 400 |
| Arbitre | Kurt Röthlisberger (Suisse) |
| Entraîneur | Raymond Goethals |
| Capitaine | Didier Deschamps |
FAQ sur le parcours de l’OM en Ligue des champions 1993
Quand l’OM a-t-il gagné la Ligue des champions ?
Le 26 mai 1993, à Munich, en battant l’AC Milan 1-0.
Qui a marqué le but de la finale ?
Basile Boli, à la 44e minute, d’une tête sur corner d’Abédi Pelé.
L’OM avait-il déjà joué une finale de C1 avant 1993 ?
Oui. En 1991, l’OM avait perdu la finale de la Coupe des clubs champions aux tirs au but face à l’Étoile Rouge de Belgrade, à Bari.
Le titre de l’OM en LDC a-t-il été retiré ?
Non. Seul le titre de champion de France 1993 a été retiré dans le cadre de l’affaire VA-OM. Le titre en Ligue des champions n’a jamais été remis en cause par l’UEFA.
Quel était l’entraîneur de l’OM en 1993 ?
Raymond Goethals, qui avait pris les rênes du club en novembre 1992 en remplacement de Jean Fernandez.
Qui était le capitaine de l’OM lors de la finale de Munich ?
Didier Deschamps.
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