L’essentiel : Grégory Lorenzi sera bien le prochain directeur sportif de l’Olympique de Marseille. L’accord oral est trouvé avec Stéphane Richard, futur président qui prendra ses fonctions le 2 juillet. Après dix ans à construire la réussite du Stade Brestois, le Corse de 42 ans débarque dans un OM qui sort d’une saison ratée. Le profil colle, le pari est cohérent. Reste l’exécution.
L’essentiel :
- Accord oral acté entre Lorenzi et Stéphane Richard, le futur président de l’OM
- 10 ans dans le Finistère, 7 saisons consécutives en Ligue 1, une 8e à venir
- Une qualification historique en Ligue des champions arrachée en 2024
- Réputation : aucun transfert au-dessus de 5 millions d’euros sur la décennie
- Premier vrai chantier : reconstruire un effectif après une saison 2025-2026 manquée
Dix ans plus tard, l’au revoir en breton
« Et comme on dit chez nous, Kenavo Greg. » Le communiqué du Stade Brestois, tombé vendredi en milieu d’après-midi, tient en quelques lignes signées de Denis Le Saint. Il dit beaucoup en peu de mots. Lorenzi, c’était l’ami de la famille, devenu le bras droit, devenu le patron sportif d’un club passé en une décennie de pensionnaire de Ligue 2 à habitué du haut de tableau.
L’histoire commence en 2016. Denis Le Saint et son frère Gérard reprennent le SB29 et appellent leur ancien défenseur, à l’époque encore joueur du club. Lorenzi accepte en deux jours, raccroche les crampons à 32 ans, fait venir Jean-Marc Furlan, refait l’effectif. La promotion arrive dès 2019. La suite, on la connaît : sept saisons consécutives en Ligue 1 (du jamais vu pour le club), qualification européenne historique en 2024, parcours jusqu’aux play-offs de Ligue des champions, et une huitième en L1 qui se profile pour 2026-2027.
Le coup Roy, signature d’un dirigeant
Automne 2022. Brest tangue en bas de classement. Lorenzi écarte Michel Der Zakarian, le seul coach qu’il aura limogé en cours d’exercice, et profite de la trêve imposée par la Coupe du monde au Qatar pour prendre son temps. Il sort Éric Roy de sa retraite de consultant, contre toutes les railleries du moment. Trois ans plus tard, le Stade Brestois a connu sa plus belle saison de l’histoire et bouclé sa septième en L1, ce qui n’était jamais arrivé au club.
« On ne peut être que dithyrambique », reconnaissait Roy le 30 avril dernier au sujet de son DS. C’est tout le paradoxe Lorenzi : un dirigeant qui a tout fait avec presque rien (jamais un achat au-dessus de 5 millions d’euros) et qui a quand même réussi à imposer Brest sur la carte européenne du football français.
L’accord oral avec Stéphane Richard
Le timing est parfait. Lorenzi quitte Brest au moment précis où l’OM de Frank McCourt entame sa mue, avec l’arrivée actée de Stéphane Richard à la présidence le 2 juillet. Et selon ce que je vous partageais hier soir, l’accord oral est déjà bouclé entre les deux hommes. Marseille a coiffé Nice au poteau, le Gym étant freiné par sa fin de saison compliquée et l’incertitude autour de sa vente par INEOS.
Pour moi, Lorenzi fait partie des trois directeurs sportifs qui montent vraiment dans le paysage français, avec François Ghisolfi et Jean-Louis Leca. Trois profils discrets, trois bilans solides, trois mecs qui font le boulot loin des projecteurs. C’est exactement le type de DS qu’il fallait à l’OM après l’échec sportif de cette saison et la séquence McCourt-Benatia qui veulent faire payer les joueurs. On change de logique.
Le défi Marseille
C’est là que ça peut devenir intéressant ou compliqué. Lorenzi a passé dix ans dans un environnement familial, avec un président qui le couvrait et un budget qui imposait la rigueur. À Marseille, on parle d’un autre monde : pression médiatique permanente, exigence de résultat immédiat, supporters qui ne lâchent rien. Un dirigeant qui cartonne à Brest ne réussit pas automatiquement à l’OM. Le contraire est vrai aussi.
Ce qui plaide pour lui, c’est la méthode. Lorenzi ne se précipite pas, ne signe pas pour signer, et a démontré une lecture du marché que peu de DS français maîtrisent. Si Stéphane Richard lui donne le temps et la couverture politique nécessaires, ça peut devenir une signature majeure du nouveau projet marseillais. Si on le presse de livrer dès le mercato d’été, ce sera plus compliqué.
Je reviens très bientôt vers vous avec une interview du Corse qui m’avait marqué juste avant le parcours européen de Brest. Elle dit beaucoup sur sa méthode et sur sa lecture du foot français.
Je suis Christophe, créateur de la chaîne YouTube CM Football. J’essaye de donner mes clés de lecture de l’actualité de notre club de coeur, l’OM ! L’idée n’est pas d’avoir raison mais de pouvoir débattre en toute bienveillance autour du club que je suis depuis 1990 (J’avais 6 ans !).